Voir Amitābha équivaut à voir tous les Bouddhas des dix directions
Le Pratyutpanna Samādhi désigne l'état dans lequel tous les Bouddhas apparaissent directement devant nous au moment présent. La pratique repose sur la méditation marchée pendant des périodes d'un, de sept ou de quatre-vingt-dix jours, du...
Le Pratyutpanna Samādhi désigne l'état dans lequel tous les Bouddhas apparaissent directement devant nous au moment présent. La pratique repose sur la méditation marchée pendant des périodes d'un, de sept ou de quatre-vingt-dix jours, durant lesquelles les pratiquants demeurent debout à tout moment — jamais assis ni couchés — tout en récitant le nom du Bouddha. Le but est de rencontrer le Bouddha directement dans l'instant ; le Pratyutpanna Samādhi est précisément cette voie de pratique. Le principal destinataire du Sūtra du Pratyutpanna Samādhi est le Bodhisattva Bhadra. Il n'est autre que le Bodhisattva Vertueux Protecteur dont parle le Sūtra de la Vie Infinie : un bodhisattva laïc qui se manifeste dans le monde, ayant atteint le stade de l'Éveil Équivalent avec une réalisation et un accomplissement spirituels tout à fait exceptionnels.
Le Bodhisattva Bhadra demanda au Bouddha Śākyamuni comment les êtres sensibles du futur — ceux vivant après le parinirvāṇa du Bouddha — pourraient voir les Bouddhas des dix directions. Le Bouddha Śākyamuni leur enseigna de se concentrer uniquement sur la récitation du nom d'Amitābha, et expliqua que voir Amitābha revient à voir tous les Bouddhas des dix directions. Amitābha est ainsi présenté comme le Corps de Trésor du Dharmadhātu — un concept central pour comprendre la voie de la Terre Pure.
Parce qu'Amitābha est le Corps de Trésor du Dharmadhātu, le voir revient à voir tous les Bouddhas des dix directions. La Terre Pure de l'Ouest est la Terre du Trésor du Dharmadhātu ; renaître dans la Terre de la Félicité Suprême, c'est renaître dans toutes les Terres Pures infinies et sans limites des dix directions.
L'identité d'Amitābha est interchangeable avec celle de tous les Bouddhas. Tous les Tathāgatas sont le Corps du Dharmadhātu, qui demeure dans l'esprit de tous les êtres sensibles. En ce sens, tous les Tathāgatas peuvent être compris comme le Corps du Dharmadhātu d'Amitābha, présent dans l'esprit de tous les êtres sensibles. Selon le « Chapitre sur le Samādhi de la Récitation du Bouddha par le Bodhisattva Mahāsthāmaprāpta » dans le Śūraṅgama Sūtra : « Tous les Tathāgatas des dix directions chérissent les êtres sensibles comme une mère se souvient de son enfant. » Ce passage illustre concrètement la vérité qu'Amitābha chérit les êtres sensibles comme une mère se souvient de son enfant ; ces deux visions sont parfaitement interchangeables.
Parce qu'Amitābha est le Corps de Trésor du Dharmadhātu, réciter son nom revient à réciter les noms de tous les Bouddhas des dix directions, et le voir revient à voir tous les Bouddhas des dix directions. Veillons à garder cette vérité clairement présente à l'esprit.
Le Mahāratnakūṭa Sūtra enseigne aussi : lorsque les êtres sensibles d'autres royaumes bouddhiques entendent le nom d'Amitābha, ce « nom » est une simple étiquette verbale, tandis que « titre » porte le sens d'une convocation, et d'une activation. Ainsi, le nom d'Amitābha peut éveiller les racines vertueuses déjà présentes en nous, réveiller la semence de foi plantée en nous à travers d'innombrables ères, et nous conduire à l'éveil. Ce nom n'est pas un simple son ou symbole ; il exerce une puissance immense sur notre nature mentale.
Lorsque les êtres sensibles d'autres royaumes bouddhiques entendent le nom d'Amitābha, ils peuvent même susciter un seul instant de foi pure. Cette foi pure est la conviction que le nom d'Amitābha est le nom aux innombrables vertus, la panacée universelle capable de résoudre tous les problèmes mondains et transcendants. Cette conviction se traduit concrètement dans notre état d'esprit : nous ressentons de la joie, de l'affection et de l'allégresse. Cette joie peut être si intense que les poils de notre corps se dressent, que les larmes coulent sur notre visage, et qu'une grande félicité jaillit dans tout notre être. Cette grande joie est si débordante qu'elle rayonne à travers chaque pore de notre corps. Tel est le signe extérieur de la foi véritable.
Même un seul instant d'une telle foi en Amitābha, lorsque nous en dédions le mérite vertueux et formulons le vœu de renaître dans la Terre de la Félicité Suprême, suffit pour accomplir ce vœu et assurer notre renaissance. À la renaissance, on devient un Bodhisattva qui ne régresse jamais (阿鞞跋致), qui ne connaîtra aucune régression à travers les trois degrés de non-régression. C'est pourquoi le sūtra enseigne qu'un seul moment de foi suffit pour la renaissance.
Nous décrivons souvent la voie de la Terre Pure comme un enseignement parfait et soudain. Sur le plan doctrinal, nous devons avoir la conviction profonde qu'un seul moment de foi pure suffit pour la renaissance. Mais sur le plan de la pratique effective, nous devons continuer à réciter abondamment le nom du Bouddha, afin que principe et pratique soient pleinement intégrés. Il ne faut pas s'en tenir à la doctrine en abandonnant la pratique : si l'on interprète mal l'enseignement selon lequel un seul moment de foi mène à la renaissance, en pensant que cela nous autorise à nous attribuer nous-mêmes la prédiction bouddhique de l'éveil, en nous disant : « J'ai déjà fait surgir un instant de foi, je suis donc déjà rené dans la Terre Pure », on pourrait alors ne plus voir la nécessité de réciter le nom du Bouddha, qu'on rejetterait comme une perte de temps. On pourrait vaquer à ses activités ordinaires — jouer au mahjong, fréquenter les saunas, tout ce qu'on veut — convaincu d'être déjà rené. C'est un travers qu'il faut éviter.
Pour ce qui est de la doctrine de l'enseignement parfait et soudain, nous devons avoir la conviction profonde qu'un seul moment de foi pure mène à la renaissance. Quant à la pratique concrète, nous devons réciter exclusivement le nom d'Amitābha, sans dévier. Commençons par compter nos récitations : chaque jour, nous pouvons en réciter quelques milliers, dix mille, vingt mille ou trente mille fois. Visons au moins dix mille récitations par jour. Pour les moines et moniales, qui sont les « pratiquants professionnels » de cette voie, le nombre minimal quotidien est de trente mille récitations, afin de manifester une foi profonde et une aspiration sincère. Cette conviction intérieure de foi profonde et d'aspiration sincère doit s'exprimer à travers notre pratique. Foi, aspiration et pratique sont trois composantes indispensables, comme les trois pieds d'un trépied : aucune ne peut manquer. Elles doivent se renforcer mutuellement et progresser de concert.
Même avec un simple éveil initial de foi profonde et d'aspiration sincère, nous réciterons le nom du Bouddha avec sincérité et constance. À mesure que notre pratique de récitation s'approfondit et devient plus régulière, elle renforce davantage notre foi et notre aspiration. Cette foi et cette aspiration renforcées nous poussent à réciter le nom du Bouddha avec encore plus de diligence et de vigueur. Cette récitation toujours plus vigoureuse purifie et concentre à son tour notre foi et notre aspiration. Ce cycle de renforcement mutuel conduit finalement à la renaissance dans la plus haute catégorie de la Terre Pure (上品上生).