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Pr Lin Chong-an : Éléments essentiels du śamatha et de la vipaśyanā dans le *Yogācārabhūmi·Śrāvakabhūmi*, deuxième partie — Les quatre types de vipaśyanā (introspection)

(2) Les quatre types de vipaśyanā (introspection)

(2) Les quatre types de vipaśyanā (introspection)

◎ La méditation ne peut se passer de vipaśyanā.

◎ La vipaśyanā est l'introspection, et elle se présente sous quatre formes.

[Les quatre types de vipaśyanā]

◎ Quels sont les quatre types de vipaśyanā ?

Lorsqu'un bhikṣu s'appuie sur le śamatha intérieur, il est capable d'examiner correctement, d'examiner en profondeur, de rechercher largement et d'examiner de manière étendue tous les dharmas. C'est ce qu'on appelle les quatre types de vipaśyanā.

I. L'examen correct

Que signifie « examen correct » ?

Cela signifie : à l'égard des objets de la conduite purificatrice, des objets des moyens habiles ou des objets de la purification des souillures, on examine correctement leur nature exhaustive (sarvākāratā).

II. L'examen le plus approfondi

Que signifie « l'examen le plus approfondi » ?

Cela signifie : à l'égard de ces mêmes objets, on examine de la manière la plus approfondie leur ainisé (tathāvatā).

III. La recherche étendue

Que signifie « recherche étendue » ?

Cela signifie : à l'égard de ces mêmes objets, par l'attention conceptuelle jointe à la sagesse, on en saisit les caractéristiques et on les recherche largement.

IV. L'examen étendu

Que signifie « examen étendu » ?

Cela signifie : à l'égard de ces mêmes objets, on les examine avec soin et précision de manière étendue.

◎ Cette même vipaśyanā, à travers la différenciation de ses objets par trois portes et six aspects, comporte de nombreuses autres distinctions.

◎ Quelles sont les trois portes de la vipaśyanā ?

I. La vipaśyanā qui suit uniquement la caractéristique ; II. La vipaśyanā qui suit la recherche ; III. La vipaśyanā qui suit l'examen.

○ Que signifie « la vipaśyanā qui suit uniquement la caractéristique » ?

Cela signifie : à l'égard des dharmas que l'on a entendus et retenus, ou des dharmas relevant de l'enseignement et de l'orientation, sur la base de la concentration, on applique le yoniso manaskāra (attention judicieuse), en prêtant brièvement attention sans délibérer, mesurer, inférer ni examiner. C'est ce qu'on appelle la vipaśyanā qui suit uniquement la caractéristique.

○ Si l'on délibère ensuite et recherche ces dharmas, c'est ce qu'on appelle la vipaśyanā qui suit la recherche.

○ Si, après avoir examiné ces dharmas, on les revoit et les observe à nouveau tels qu'ils ont été exposés, c'est ce qu'on appelle la vipaśyanā qui suit l'examen.

◎ Qu'est-ce que la vipaśyanā dont les objets sont différenciés selon six aspects ?

Cela signifie : lors de la recherche, on recherche six aspects — I. le sens, II. la chose, III. la caractéristique, IV. la classe, V. le temps, VI. la raison. Après avoir recherché, on examine ensuite de plus près.

I. La recherche du sens

Que signifie « la recherche du sens » ?

Cela signifie rechercher correctement : telles paroles ont tel sens. C'est ce qu'on appelle la recherche du sens.

II. La recherche de la chose

Que signifie « la recherche de la chose » ?

Cela signifie rechercher correctement les deux sortes de choses, intérieures et extérieures. C'est ce qu'on appelle la recherche de la chose.

III. La recherche de la caractéristique

Que signifie « la recherche de la caractéristique » ?

Cela signifie rechercher correctement les deux caractéristiques de tous les dharmas : premièrement, la caractéristique spécifique (svalakṣaṇa) ; deuxièmement, la caractéristique générale (sāmānyalakṣaṇa). C'est ce qu'on appelle la recherche de la caractéristique.

IV. La recherche de la classe

Que signifie « la recherche de la classe » ?

Cela signifie rechercher correctement les deux classes de dharmas : premièrement, la classe obscure ; deuxièmement, la classe lumineuse.

On recherche les fautes et les dangers de la classe obscure, ainsi que les mérites et les vertus de la classe lumineuse. C'est ce qu'on appelle la recherche de la classe.

V. La recherche du temps

Que signifie « la recherche du temps » ?

Cela signifie rechercher correctement les trois temps — passé, futur et présent : rechercher qu'une telle chose a existé dans le passé, qu'elle existera dans le futur, qu'elle existe dans le présent. C'est ce qu'on appelle la recherche du temps.

VI. La recherche de la raison

Que signifie « la recherche de la raison » ? Cela signifie rechercher correctement quatre sortes de raisonnement :

I. La raison de la dépendance ; II. La raison de la fonction ; III. La raison de la preuve valide ; IV. La raison de l'ainisé naturelle.

○ Par la raison de la dépendance, on recherche le conventionnel en tant que conventionnel, l'ultime en tant qu'ultime, et les causes et conditions en tant que causes et conditions.

○ Par la raison de la fonction, on recherche les fonctions de tous les dharmas : tels dharmas ont telles fonctions.

○ Par la raison de la preuve valide, on recherche les trois pramāṇas (moyens de cognition valide) : I. āptāgama (enseignement digne de confiance) ; II. anumāna (inférence) ; III. pratyakṣa (réalisation directe).

Autrement dit, on recherche correctement : un tel sens bénéficie-t-il du soutien d'un enseignement digne de confiance ? Est-il atteignable par la réalisation directe ? Doit-il être inféré ?

○ Par la raison de l'ainisé naturelle, on doit développer la foi et la compréhension à l'égard des dharmas tels qu'ils sont véritablement — leur nature de dharma établie, leur nature de dharma inconcevable et leur nature de dharma permanente — et ne ni les conceptualiser ni les discriminer.

C'est ce qu'on appelle la recherche de la raison.

◎ Cette vipaśyanā aux six aspects différenciés, conjointement avec les trois portes de la vipaśyanā mentionnées plus haut, englobe en bref toute vipaśyanā.

◎ Question : pour quelle raison cette vipaśyanā aux six aspects différenciés est-elle établie ?

Réponse : elle est établie sur la base de trois sortes de prises de conscience. Lesquelles ?

I. La prise de conscience du mot et du sens ; II. La prise de conscience de l'étendue des choses ; III. La prise de conscience des choses telles qu'elles sont véritablement.

○ Par la recherche du sens, la prise de conscience du mot et du sens surgit.

○ Par la recherche de la chose et de ses caractéristiques spécifiques, la prise de conscience de l'étendue des choses surgit.

○ Par la recherche des caractéristiques générales, de la classe, du temps et de la raison, la prise de conscience des choses telles qu'elles sont véritablement surgit.

◎ Un pratiquant du yoga n'a que cela pour objet de connaissance — à savoir, le mot et le sens, ainsi que la nature exhaustive et l'ainisé de toutes les choses connaissables.

[Annexe]

Question : à quel moment peut-on dire que le śamatha et la vipaśyanā fonctionnent ensemble de manière égale et simultanée, pour être ainsi appelés la voie de la pratique unifiée (yuganaddha-mārga) ?

Réponse : lorsqu'on a atteint la neuvième des neuf demeures de l'esprit — c'est-à-dire samāhita — et qu'on utilise ce samādhi accompli comme base pour cultiver une sagesse supérieure dans la contemplation des dharmas, la voie opère alors spontanément à travers la contemplation des dharmas, sans effort ni recherche appliquée. La vipaśyanā devient pure et lumineuse, régulée et soutenue par le śamatha, fonctionnant à la manière de la voie soutenue par le śamatha. À ce stade, on parle du fonctionnement égal et simultané du śamatha et de la vipaśyanā, l'un et l'autre ensemble.

C'est ce qu'on appelle la voie de la pratique unifiée du śamatha et de la vipaśyanā (yuganaddha-mārga).